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Souverainisme : la gauche a-t-elle un problème avec la nation ?

Divers17/05/19

Article RT France

Les partis situés à gauche ont-ils honte de défendre la souveraineté, la nation et la France ? Tant La France insoumise que le Parti communiste semblent peu à peu renoncer à cette idée. Et les gaullistes de gauche, pour leur part, peinent à exister.

De prime abord, le mot «souverainisme» semble plutôt se référer à la droite du spectre politique français. Pourtant, il existe bel et bien un souverainisme de gauche. Comme l'explique Emmanuelle Reungoat, maître de conférences en science politique à l'université de Montpellier, il est historiquement marqué par une critique «principalement basée sur l'antilibéralisme», tout en considérant que «le niveau de gouvernement pertinent, est le niveau national», avec des propositions démocratiques permettant une participation plus poussée du peuple.

Quels pourraient être les représentants de ce souverainisme de gauche ? Selon la chercheuse et auteur de l'Enquête sur les opposants à l'Europe, le Parti communiste français (PCF) aurait pu incarner ce souverainisme de gauche, car il préconisait la mise en place d'«un Etat social» : «Le PCF a été souverainiste pendant 30 ans jusqu'aux années 1990 avec une vision de la nation très liée à la Révolution française et à la mise en place d'un Etat social.» «Les deux notion étaient articulées», précise-t-elle.

Le PCF commence sa révolution idéologique au milieu des années 1990 avec l'arrivée de Robert Hue. Progressivement, le PCF va se détacher de son souverainisme

Mais le PCF a depuis changé de cap pour Emmanuelle Reungoat : «Le PCF commence sa révolution idéologique au milieu des années 1990 avec l'arrivée de Robert Hue. Progressivement, le PCF va se détacher de son souverainisme. A partir des années 2000, il transforme sa critique de l'Europe en passant d'une critique souverainiste à une critique plus internationaliste surtout très antilibérale.»

Et pour cause : après son départ du PCF, Robert Hue fonde un nouveau parti en 2009, le Mouvement des progressistes (MDP). L'ancien secrétaire général du Parti communiste appelle, dans une tribune en mars 2017, à voter dès le premier tour pour Emmanuel Macron.

Quant à l'actuel candidat communiste pour les européennes, Ian Brossat, l'Union européenne peut être une chance pour la France, sa sortie, une «folie». 

Il est également favorable à un budget de la zone euro, si celui-ci vise à «réaliser des investissements communs à nos pays dans un certain nombre de secteurs clés comme le ferroviaire».

Quant à la vision internationaliste de Ian Brossat, elle est particulièrement visible pour son attachement à accueillir sans réserve des migrants en France et en Europe.