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Tribune pour co-signature

Divers29/03/19

Christian HUTIN est co-signataire de la tribune ci-jointe intitulée « Monsieur le Premier Ministre, nous en appelons à votre sagesse : suspendons la hausse des frais de scolarité pour les étudiants étrangers pendant un an ».

« Monsieur le Premier Ministre, nous en appelons à votre sagesse : suspendons la
hausse des frais de scolarité pour les étudiants étrangers pendant un an »
Le 19 novembre dernier le premier ministre annonçait la mise en oeuvre du plan « Bienvenue
en France » dont l\'objectif partagé par tous est de permettre à l\'université publique française de
trouver une attractivité internationale nouvelle dans un environnement de plus en plus
concurrentiel.
Parmi les mesures annoncées sans véritable concertation préalable, la multiplication par 15 des
droits d\'inscription pour les étudiants étrangers extra-européens a créé une forte inquiétude dans
toute la communauté universitaire.
Chacun a bien conscience d\'un sous-financement chronique de l\'université française et de
l\'impérieuse nécessité de se doter de moyens financiers complémentaires si l\'on veut répondre
au besoin d\'un accueil amélioré des étudiants étrangers, d\'un accompagnement plus
individualisé ou encore de proposer des formations multilingues.
Pour autant cette mesure si elle venait à être confirmée pénalise d\'abord et avant tout les
étudiants provenant des pays de la francophonie et particulièrement ceux du continent africain.
La France possède une influence culturelle importante sur un continent dont l\'avenir est à la
croisée des chemins. Personne ne peut se satisfaire de voir demain cette influence et ce rôle
d\'aide au développement s\'amenuiser au profit de pays comme la Chine ou encore la Turquie
et l\'Arabie Saoudite qui déploient des stratégies agressives de bourses d\'enseignement
islamique au profit des étudiants des pays africains. Face à cette concurrence, le signal
qu\'envoie la France n\'est pas à la hauteur de nos ambitions et il brouille les esprits. Nos pays
amis ont déjà fait part de leur surprise et de leur inquiétude. Une telle décision revient par
ailleurs sur les principes même de notre République qui prône l\'égalité entre citoyens :
comment justifier qu\'un sénégalais, un haïtien ou un cambodgien payent des frais de scolarité
multipliés par 15 quand un suisse ou un québécois continueront de payer le même tarif que des
français ? La rupture d\'égalité est flagrante et pèse sur les plus démunis tandis que les plus
riches en sont exemptés.
La concertation engagée à l\'issue de cette annonce a permis de vérifier l\'effet psychologique
négatif de la mesure non seulement dans la communauté universitaire mais aussi auprès des
pays traditionnellement pourvoyeurs d\'étudiants dans nos universités.

D\'ores et déjà le nombre des préinscriptions sur le site de Campus France est en baisse
significative.
La mission d\'information créée par la commission des affaires étrangères de l\'Assemblée
nationale qui a rendu son rapport le 13 mars a également mis en exergue la nécessité d\'évaluer
préalablement les impacts de cette forte hausse tarifaire et plus généralement du plan lui-même
et des conditions de sa mise en oeuvre.
Nous, parlementaires attachés au rayonnement de la francophonie et à la mission de la France
pour favoriser la connaissance, la formation et l\'ouverture partout dans le monde, nous
soutenons la nécessité d\'un plan ambitieux, global et de long terme pour une nouvelle
attractivité française. Nous soutenons la nécessité d\'une réflexion partagée avec la communauté
universitaire sur les conditions de financement de ce plan.
Pour la réussite de celui-ci nous demandons en revanche de manière solennelle à Monsieur le
Premier ministre et à Madame la ministre de l\'enseignement supérieur de surseoir à
l\'application de la différenciation des droits universitaires pour les étudiants étrangers pour une
durée d\'un an. Le temps de ce moratoire doit être mis à contribution créer les conditions d\'un
consensus et pour rencontrer nos partenaires de la francophonie, échanger avec eux pour trouver
des solutions et mettre en place les premières mesures d\'accompagnement.
Pascal Brindeau
Député du Loir-et-Cher
Bruno Fuchs
Député du Haut-Rhin
Président délégué de la section française
de l\'Assemblée parlementaire de la
francophonie